Il bouge trop ! Il est hyperactif ?

On vous l’a jamais faite celle là ..? 
 
Dans mon entourage, c’est quelque chose qui revient souvent à propos de jeunes enfants qui sont dynamiques….et épuisants pour leurs parents, nounous, grand-parents etc. !
 
Alors, qu’en penser ?
 
Dès ses premiers mois, l’enfant explore le monde avec son corps et toutes les expériences corporelles et sensorielles qu’il réalise lui permettent de comprendre ce qui l’entoure et de développer son intelligence.
 
Après plusieurs descentes de toboggan, Petit Baroudeur ressent et comprend la différence entre le « coté haut » et le « coté bas », puis après avoir dû revenir à chaque fois à la petite échelle de ce même toboggan pour avoir la joie de refaire une glissade, il perçoit la notion de début et de fin de l’activité en cours et développe une certaine organisation de l’espace.
 (cf développement sensorimoteur dans article bouger et grandir de 0 à 2 ans). 
 
Le jeune enfant est donc naturellement remuant et explorateur, avec bien sûr des différences d’intensité selon les enfants mais aussi selon le contexte: l’heure de la journée, les personnes présentes, l’état de fatigue etc.
 
Certains enfants réalisent ces expériences de manière calme, prudente et contrôlée…d’autres sont dans le plaisir du mouvement et cherchent des sensations un peu plus fortes. Tout comme plus tard, certains seront adeptes du bricolage et d’autre des randos VTT…
 
Toutes ces expériences corporelles permettent à l’enfant de sentir son corps et de le situer  dans l’espace tout en localisant les différentes parties du corps les unes par rapport aux autres. Ces sensations s’inscrivent dans sa mémoire corporelle et progressivement l’enfant n’a plus besoin de bouger pour savoir dans quelle position il est, et où est sa main, sa jambe etc… Il développe ainsi la capacité d’inhiber volontairement son mouvement, il stabilise sa posture et développe son attention à ses perceptions et sensations même dans l’immobilité. 
Cette possibilité de stabiliser sa posture est la base corporelle du développement de l’attention et de la concentration. L’enfant peut alors, de plus en plus, se montrer attentif et rester concentré sur une tâche ( jeu, cuisiner avec Papa, bricoler avec Maman, observer un animal dans son environnement naturel etc.)
 
Et plus il grandit, plus l’enfant peut se détacher de l’étape motrice pour comprendre ce qui l’entoure:
ses perceptions sensorielles                        (il voit un escargot avancer) 
associées à ses capacités de langage     (« Pourquoi il marche comme ça l’escargot ? ») 
et à ce qu’il a déjà perçu auparavant    (« Ah, c’est un peu comme une limace alors…
                                                               mais pourquoi il a une coquille ? ») 
 vont lui permettre de catégoriser les choses, de les analyser et de pousser sa réflexion encore un peu plus loin…
…Il n’a plus besoin de courir jusqu’à l’escargot, d’essayer de l’attraper, de le toucher….
 
 
Plus les expériences corporelles et sensorielles sont intégrées, plus l’aspect cognitif peut s’appuyer dessus, et plus le comportement de l’enfant se pose : l’enfant sera en effet  moins remuant, moins touche à tout….d’autant plus si on l’a laissé bouger et remuer quand il était tout petit. 
 
Bien sûr, il a toujours besoin de bouger, et ainsi d’évacuer les tensions générées par l’effort d’être resté concentré longtemps, mais cela se fait dans un cadre plus socialisé : il peut attendre et comprendre quand aura lieu le moment où il pourra bouger (promenade, récréation, jeux d’extérieur, piscine etc.), et en grandissant il peut faire entrer son mouvement dans un cadre dirigé  (pratique d’un « sport » par exemple).
 
Alors, non , un enfant qui bouge n’est pas hyperactif mais au contraire c’est un enfant curieux, dynamique et explorateur qui grandit et se construit. 
 
Alors au final, c’est quoi l’hyperactivité ? 
 
Il faut en fait parler de TDAH : trouble du déficit de l’attention et hyperactivité. 
 
  • Les enfants qui présentent ce trouble sont des enfants qui présentent une difficulté très importante à être attentifs, ils sont sans cesse distraits et papillonnent. Ils ont conscience de cette difficulté et en souffrent. 
 
  • A cela s’associe un besoin permanent d’être en mouvement, qui ne cède à aucun moment de la journée : un enfant qui peut rester assis calmement le temps d’un repas ou travailler de manière concentrée et appliquée un petit temps ne répond pas à cette définition.
 
  • Et il y a un troisième critère à prendre en compte: l’impulsivité: l’enfant agit avant de réfléchir, pense aux conséquences de son acte après que celui ci soit réalisé : par exemple, il va sauter d’une hauteur sans analyser qu’il va se réceptionner dans des orties …
Ces difficultés doivent être durables et le diagnostic se pose à partir de 6 ans.
A ces difficultés, s’ajoutent fréquemment (pour 50% des enfants) un trouble des apprentissages et un trouble du sommeil. D’autres troubles peuvent être associés mais leur présence est moins fréquente.
 
 
…On est donc loin de notre petit bout, évoqué au début de cet article, qui se découvre et découvre le monde autour de lui …Actif, oui ! Hyperactif, non !
 
Et vous, qu’en pensez vous ?