Emmener son pitchoun chez le coiffeur

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Depuis quelques semaines, une phrase revenait souvent autour de moi : « Il va falloir l’emmener chez le coiffeur » … et moi, je répondais  » Mais non, mais non, pour le moment, ça va très bien »

Un jour de beau temps … oui il y en a eu 😉 même si en ce moment on en doute … le port de la casquette m’a ramené à la réalité… oui, il faut l’emmener chez le coiffeur… Bouuuhhh … 

Mercredi dernier, nous voila donc partis, Petit Baroudeur et moi, chez un coiffeur sans RDV … on ne sait jamais, si seulement c’était complet 😉 … et incroyable, le salon était vide … Allez, on respire un grand coup et on rentre ! 

Vous allez me dire ? Pourquoi tant d’appréhension ?? Et bien, parce que la seule expérience précédente il y a quelques mois, avant Noel, fut une catastrophe… des hurlements dès que la coiffeuse s’approchait de lui et un résultat bof bof … 🙁

Revenons à nos moutons… Un coiffeur avec la mèche dans le vent, laquée et surlaquée, nous accueille très gentiment, et ne semble même pas avoir peur devant le défi que je lui lance … « Bonjour, nous venons pour ce petit bonhomme, il faudrait raccourcir un peu…  » 


Donc on s’installe, Petit Baroudeur sur mes genoux, et il refuse tout : serviette, peignoir etc. malgré la gentillesse du coiffeur qui s’adresse vraiment à lui, lui pose des questions, lui propose des choses etc.  et malgré ma persuasion… 

Pour la serviette, je finis par lui nouer autour du cou comme « le bavoir pour manger » et ça passe… Puis, dans un essai de diversion devant la peur panique de Petit Baroudeur à l’approche du peigne… peut être que ça mord ? … Je sors ma dernière carte : deux livres que j’avais emmené « au cas où » … et là, bingo ! Petit Baroudeur s’intéresse    au livre que je lui lis, s’enthousiasme pour l’histoire et laisse le coiffeur lui toucher les cheveux et le coiffer … 

Au final, le coiffeur a pu travailler tranquillement, Petit Baroudeur s’est bien rassuré  et a adhéré au principe « Quand on a fini de lire les histoires, la coupe de cheveux est terminée »… Tout était synchro… et le résultat nickel 🙂

Petite déception pour le coiffeur, Petit Baroudeur a refusé le gel dans les cheveux… comment dire… Ouf ! 

J’étais soulagée et j’ai valorisé mon petit bonhomme tant et plus, et nous sommes repartis en serinant tous les deux que le coiffeur était gentil, que Petit Baroudeur était beauuuu, qu’il fallait qu’on prenne une photo etc. 

P1060130 Petit Baroudeur dans « son bateau » … 😉

Alors pour finir, de petites réflexions : 

Pour un jeune enfant, la peur qu’on lui coupe les cheveux, ou les ongles, a un coté irrationnel… on lui enlève une partie de lui-même et c’est très angoissant.  Et cela d’autant plus pour un enfant qui n’a pas acquis la propreté, où on retrouve la même problématique : accepter de perdre et de jeter une partie qui vient de soi… nous, ça nous parait évident, mais pour des petits pitchouns, c’est très compliqué à comprendre et à vivre. 

Donc, cette peur est à respecter… en parler, dédramatiser, montrer l’exemple, y jouer avec les poupées, peluches etc. est une bonne chose … mais il me semble que si on ne fait rien pour que cela évolue, cela peut bien sûr évoluer tout seul dans le bon sens ou au contraire s’enkyster pendant de longues années… J’ai connu un petit garçon de  6 ans qui avait cette peur qu’on lui coupe les cheveux… et bien ses parents lui coupaient les cheveux pendant son sommeil… Chacun fait comme il peut, mais là ça devient très compliqué pour tout le monde. 

Autre chose que je retiens de cette expérience, c’est l’anticipation !! En sachant que cela risquait d’être compliqué, j’ai tenté de lui proposer quelque chose qu’il appréciait sur le moment (pas en récompense plus tard… pour le moment, il est trop petit et ne peut pas se projeter  dans ce « plaisir d’après »)  et qui était compatible avec la situation… avec deux livres qu’il apprécie particulièrement. Je vous recommande l’astuce si vos enfants aiment les livres!! 

Et dernière chose qui me parait très importante pour enfoncer le clou et préparer les « prochaines fois », c’est la valorisation …. quitte à en rajouter des tonnes… qu’il se sente fier de lui et qu’il sente que ses parents aussi sont fiers de lui. Et des paroles valorisantes ont un effet beaucoup plus important qu’un cadeau… que l’enfant ne reliera pas clairement à son comportement et qui risque de devenir un enjeu obligatoire pour les « prochaines fois ». 

 

Et comment ça se passe chez vous ? Et si vous avez des astuces à partager, n’hésitez pas!!