Prépa accouchement … respiration et « poussée »

On aborde la poussée cette fois… ça sent la fin, n’est ce pas ?  Il est temps que j’en parle avec la naissance de Petit Marmot qui ne va plus tarder … non, non, je ne barre pas encore les jours sur le calendrier 😉  

La clé de ce qu’on appelle communément « la poussée » dans la phase « d’expulsion du bébé » ( que c’est joli et délicat comme expression)   est encore et toujours la respiration abdominale, mais à la différence de la phase de travail, cette fois elle doit se réaliser  avec plus de force, plus de puissance

Non pas une puissance à chercher dans les abdominaux et où on pousse tout vers le bas, mais au contraire une puissance qui naît dans les muscles profonds  et qui remonte tout… viscères et diaphragme. 

Le terme de « poussée » est en fait peu approprié puisque physiologiquement, c’est plutôt une remontée de l’abdomen qui s’opère avec un « démoulage  » du bébé ( que c’est poétique !!).

Pour imager, toujours de manière aussi charmante et sympathique, cette puissance est à son apogée dans certains actes « réflexes » comme le vomissement … Physiologiquement, on est alors « juste » avec une préservation de tout le contenu abdominal et une poussée efficace pour le bébé. 

Nous avons donc travaillé à ressentir cette puissance dans la respiration abdominale ( sans chercher à vomir…hein!)

Donc, nous voila à genoux, à cheval sur un corpomed  replié (coussin d’allaitement), ou assises sur un gros ballon, et nous devons  gonfler un ballon en baudruche avec une respiration  abdominale de la manière suivante : on  commence toujours  par une expiration  abdominale simple et sans effort pour bien se positionner et préparer, sur l’expiration  suivante, le gonflage du  ballon baudruche…

Cela peut paraître simple comme cela, mais en fait ce  n’est pas si facile et il est bien utile de pouvoir s’y entrainer quelque peu.  Ce petit exercice permet de ressentir vraiment comment l’expiration doit se faire (lentement en freinant le passage de l’air) …  et permet de ressentir et de localiser le trajet de l’air expiré et la contraction du muscle tranverse abdominal ( muscle profond qui réalise une sangle abdominale en contenant la masse abdominale et préserve l’ensemble musculaire et ligamentaire de toute la zone). 

A ma grande surprise, la contraction musculaire sur l’expiration ne se fait pas en remontant verticalement mais plutôt en oblique, en remontant vers l’arrière vers la colonne vertébrale…comme si on voulait coller le ventre (ou le nombril si c’est plus parlant visuellement) sur la colonne vertébrale. Et il faut aller au bout de cet effort musculaire pour trouver de la puissance. 

Il est possible de gagner encore en puissance, pour avoir une « poussée » encore plus efficace, en trouvant  un point d’appui ou de résistance  contre lequel on peut s’appuyer de  la main, dans le prolongement du bras, dans l’axe du corps… Et là, c’est vraiment très efficace… impressionnant même !

Le Papa a là un rôle super important car il peut offrir cet appui et cette résistance , et d’autant plus justement, s’il a pu également l’expérimenter auparavant.  Là aussi, il est intéressant de répéter plusieurs fois ensemble pour que le jour J il n’y ait pas d’hésitation ou de réflexion, mais au contraire que cela devienne automatique en quelque sorte. 

A la fin de la phase de poussée, quand le bébé sort (enfin!),  ce n’est pas encore fini !! Pour préserver le périnée, il faut se mettre dans un état de suspension  avec un étirement du buste et une remontée maximale du diaphragme… il n’y a alors plus aucune pression sur le périnée, qui peut s’assouplir au maximum et laisser passer Bébé sans soucis … ce qui bien sûr limite énormément le risque de déchirure, le besoin d’épisiotomie etc. Là aussi, la présence du papa est très aidante car il peut effectuer cet étirement. 

Et après, Bébé est là … et c’est le début d’une magnifique rencontre et de belles aventures ensemble !