logo mam psychomot
facebook hellocoton les vendredis intellos

Taper, jeter... il adore.. nous, beaucoup moins

Du matin au soir...il gambade...et il joue...quel bonheur ! Sauf que, "jouer" pour lui en ce moment ça veut aussi bien dire regarder un livre, construire une tour, faire rouler une voiture, se cacher et réapparaître, courir d'une pièce à l'autre, taper sur tout ce qui peut faire du bruit...et...jeter tout objet qui tient dans sa main et de préférence ce qui fait du bruit.

 Au début, on se dit que ce n'est pas bien grave qu'il tape et qu'il jette…mais rapidement, on aimerait qu'il passe à autre chose ou tout du moins qu'il aît la gentillesse présence d'esprit de taper uniquement sur des coussins et de ne jeter que des objets mous.

 Vous dire que c'est bruyant chez nous, c'est en fait un doux euphémisme...d'autant plus qu'il accompagne cela de cris de joie, de cris d'appels...

 

 

Alors pourquoi les enfants tapent  et jettent,  et qu'en faire ?

 J'ai peur que ce ne soit pas une bonne nouvelle....mais en fait, c'est une étape importante dans le développement de l'enfant à plusieurs niveaux :

 

  • En motricité fine : ces gestes contribuent à l'apprentissage autonome du contrôle du geste, de la modulation de sa force, du geste de viser etc.
  • Dans les coordinations œil/main : Quand il utilise un objet, l'enfant arrive progressivement à regarder ce qu'il fait, puis à suivre l'objet du regard durant sa trajectoire.
  • Dans la perception du rythme : L’enfant expérimente de taper ou jeter avec des variations de vitesse et de force, et construit ainsi ses repères rythmiques et donc temporels.
  • Dans la perception de l'espace : Rien qu'en tapant et jetant, l'enfant évalue petit à petit la distance entre lui et les objets, la hauteur des meubles, l'emplacement des recoins... quand il cherche par exemple l'objet qu'il a lancé de toutes ses forces on ne sait trop où.
  • Au niveau psychologique : Ces deux types de gestes contribuent à la construction de la permanence de l'objet, et  permettent à l'enfant  de décharger ses émotions et ses tensions, d'affirmer sa présence au monde,  et d'observer la réaction d'autrui face à ses actions etc.

 L'enfant a donc besoin d'expérimenter  cela pendant une longue période...et oui...et l'en empêcher ne va pas l'aider. Par contre, il est bien sûr possible d'aménager ce besoin physiologique : dans certains lieux, à certains moments, avec tel type d'objets exclusivement, en en faisant un jeu partagé...Ces limites sont mêmes très utiles à l'enfant car elles contribuent au développement chez lui de la perception du monde qui l'entoure, et l'aident progressivement à se socialiser.

 Et quand le tintamarre est assourdissant et que Petit Chéri n'est pas le seul à avoir des bosses et des bleus...il est bon de se rappeler qu'un jour il trouvera ça beaucoup plus drôle de faire un dessin ou un puzzle... et que encore plus tard, nous admirerons son adresse quand il jouera au chamboule tout, aux quilles, au jeu de fléchettes, au djembé ...

 Et après avoir écrit tout ça, je me rappelle une petite anecdote de boulot où le jour où une petite puce de 3 ans qui ne manipulait aucun objet....s'est mis à cogner deux cubes l'un contre l'autre, j'étais plus que contente...comme quoi notre perception des choses change selon le contexte...

 Au niveau des repères d'âges d'acquisition (à prendre avec modération comme toujours), on retrouve ces notions de taper et jeter :

 Le bébé cogne deux objets entre eux à partir de 7-8 mois, lâche un objet de manière volontaire et contrôlée autour de 8-9 mois, tape dans ses mains vers 9 mois....et attrape un ballon qu'on lui lance à 3 ans :)

 

What else ?

Ajouter votre commentaire

Ecrire un commentaire en tant qu'invité

0
Restrictions sur les pièces jointes Seules les extensions de fichiers suivantes sont autorisées: bmp, csv, doc, gif, ico, jpg, jpeg, odg, odp, ods, odt, pdf, png, ppt, rar, txt, xcf, xls, zip 0 / 3
conditions d'utilisation.
  • Aucun commentaire sur cet article.

Me connecter