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Psychomot et difficultés, troubles, handicap...

 Pour ce troisième volet d'interview, j'ai reçu des questions tournant autour des difficultés de toutes sortes, des troubles  x y ou z, ou du handicap...

11. Comment réagir face à un enfant présentant un retard moteur ? (idées, conseils, réactions, éducation) un retard mental ? (idées, conseils, réactions, éducation)

 

 Il faut souvent du temps avant de mettre le doigt sur un « problème » avéré dans le développement de son enfant. Tout parent peut avoir des inquiétudes à un moment donné, mais celles-ci peuvent se lever avec le temps ou au contraire perdurer.

En plus, si on est peu en contact avec d’autres enfants du même âge, il est difficile de se situer…

Si les inquiétudes persistent, il est préférable d’en parler au médecin de l’enfant, voire à un médecin spécialisé dans le trouble en question …et pourquoi pas prendre plusieurs avis…quand on ne se sent pas vraiment écouté, ou quand on a besoin que cela soit expliqué différemment.

 C’est toujours très difficile pour un parent de faire face à une difficulté qui vient entraver le développement de son enfant, un peu comme si quelque chose venait casser net tous les projets, tous les belles choses espérées et imaginées pour cet enfant.

 Mais après, pour que l’enfant puisse travailler cette difficulté et se développer au mieux, il est souvent indispensable de mettre en place des aides : suivis spécifiques, aides à la scolarisation, matériel adapté etc.

 Certaines difficultés, avec une aide spécifique, ne seront que transitoires …d’autres nécessiteront un aménagement à plus long terme…mais vivre avec un enfant différent ne signifie pas avoir une vie catastrophique…mais plutôt vivre un peu autrement dans le rythme du quotidien mais avoir le même rôle de parent que tous les autres parents : attachement, éducation, socialisation, accompagnement vers une autonomie de plus en plus grande…

 En tant que parent, j’aurais envie de dire qu’il faut essayer de communiquer au maximum…cela évite bien des malentendus avec la famille, les amis, l’école etc.

 

 12. Comment communiquer avec un enfant autiste ou qui présente des troubles relationnels ? (une anecdote ?)

 Il existe différents courants théoriques au niveau de l’accompagnement des troubles autistiques et de nombreux témoignages de parents ou de personnes autistes, le tout étant non consensuel.

De plus, « l’autisme » regroupe un panels de troubles d‘ intensité variable, avec des manifestations cliniques différentes….il est donc difficile de donner une règle pour tous.

En fonction des capacités relationnelles et intellectuelles, et des spécificités sensorielles de chaque enfant il faut trouver le meilleur moyen pour l’aider.

 Pour ma part, je trouve que les pratiques de communication avec des aides visuelles peuvent être très utiles, ainsi qu’une utilisation du langage adaptée aux capacités d’attention, de filtrage sensoriel, et de compréhension de l’enfant en question.

 L’utilisation des objets en contexte, la ritualisation de certaines séquences de tâches, la diminution des stimuli dans l’environnement, la planification des taches peut aussi aider à la communication et à la disponibilité de l’enfant.

 Dans ma pratique, j’utilise un peu de tout ça, associé à des propositions de jeux moteurs, corporels, sensoriels, manipulatoires etc. pour faire comprendre à l’enfant ce qu’il peut faire et ce qu’il ne peut pas faire, ce qu’il peut explorer, ce qui se trouve dans la salle, ce que j’attends de lui à certains moments, ce qu’il peut demander ou choisir…

 Cette question est extrêmement large et peut donner à disserter pendant des heures à d’éminents spécialistes de l’autisme… pour ma part, cela me rappelle la lecture d’un ouvrage cet été qui m’a permis de voir comment des parents faisaient au quotidien :

Ecouter l’enfant autiste de Anne IDOUX-THIVET.

Ce livre est un témoignage d’une maman d’enfant autiste et décrit finement le quotidien de leur famille. Il est très intéressant à plein de niveaux.

 

 13. Comment savoir si son enfant est hyperactif ?

 « L’hyperactivité » comme on dit est un trouble qui en fait s’appelle le TDAH : trouble de déficit de l’attention et hyperactivité. Actuellement, c’est le trouble de l’attention qui est mis en avant du tableau pour établir le diagnostic.

 Dans ce trouble, on trouve classiquement trois éléments : un déficit d’attention, de l’impulsivité et une instabilité motrice….se retrouvant dans tous les espaces de vie de l’enfant et à tout moment.

Ces enfants ne peuvent pas inhiber leur mouvement et leurs paroles, donnant souvent l’impression d’être « malpolis, touche à tout » etc., et la fluctuation dans l’expression des troubles n’aide pas l’entourage à comprendre que l’enfant souffre de cela et ne « fait pas exprès ».

 Il existe en plus des formes cliniques mixtes, frontières, secondaires, atypiques…et de possibles associations avec d’autres troubles : tics, troubles des apprentissages, trouble oppositionnel, anxiété, troubles du sommeil, une énurésie/encoprésie.

 Un diagnostic peut être posé à partir des 6 ans de l’enfant et différentes propositions de traitement peuvent être proposées. Le traitement médicamenteux doit être associé à des suivis spécifiques, notamment en psychomotricité.

 Ce trouble, en tout cas dans sa forme classique, concerne principalement des garçons d’âge scolaire. Chez les filles, ce trouble est souvent diagnostiqué plus tard avec en symptôme prédominant le déficit d’attention.

 Les parents témoignent souvent d’avoir l’impression d’un tourbillon en présence de leur enfant et d’avoir de grandes difficultés à le surveiller, ils ont le ressenti d’une agitation « excessive » : il est tout le temps en mouvement, déplace tout, saute sur tout, agit sans réfléchir et se met du coup en danger, ne se pose quasiment jamais ou uniquement devant des écrans.

 Les parents décrivent aussi des difficultés très importantes à emmener leurs enfants dans des lieux sociaux (parcs, magasins etc.) car le comportement pose alors de gros problèmes : ils échappent à la vigilance des parents, grimpent sur tout, peuvent mettre à mal l’environnement…

 Et enfin, ils décrivent très bien que l’enfant sans cesse en mouvement ne joue pas, n’expérimente pas, ne construit pas sa pensée….et du coup se retrouve en difficulté pour faire des apprentissages.

 Il faut faire le distingo avec l’enfant de moins de 3 ans qui passe beaucoup par le corps pour s’exprimer et développer son intelligence…et qui donc est naturellement beaucoup en mouvement et en exploration de l’environnement.

Il n’y a donc pas de motif de s’inquiéter si un enfant de moins de 3 ans est très dynamique et bouge beaucoup, sauf quand on ressent que cela est excessif ou que l’enfant exprime un malaise (agitation + agressivité ou pleurs ou opposition, le tout constamment etc.).

 Pas simples toutes ces questions si délicates et complexes, qui nous affectent tellement différemment en fonction de notre vécu et de notre place face à des enfants un peu différents...

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