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L'école maternelle et la psychomotricité ...

J'ai souvent entendu des enseignants de maternelle dire qu'ils faisaient de la psychomotricité avec les enfants.  J'avoue que cela me fait toujours tiquer, car le mot psychomotricité est utilisé dans ce cas comme un fourre tout comprenant l'éveil corporel, la motricité globale avec parcours, jeux de ballon, vélos et trottinettes ... et c'est à peu près tout. 

Enseignants et parents se représentent ensuite la psychomotricité comme uniquement cela, alors que son champ d'action est bien plus vaste, et est au service du développement et de l'épanouissement de la personne dans toutes ses composantes. 

 

Suite à un projet de mise en place d'ateliers d'éducation psychomotrice pour des classes de maternelle,  voila un petit doc sur le développement psychomoteur, son impact sur l'entrée dans les apprentissages scolaires, et la mise en place d'ateliers en maternelle : 

 

Définition du développement psychomoteur

«  L’Homme est un être psychomoteur : chacun de ses actes témoigne de la manifestation conjointe de ses fonctions intellectuelles, affectives et motrices. 

Le développement psychomoteur est le développement de l’enfant dans les domaines :

  • de la motricité

  • de la prise de conscience de soi, de son corps

  • de la relation à l’autre

  • de la prise de conscience de son environnement spatio-temporel et des possibilités de s’y adapter. »1

A chaque étape de son développement, l’activité de l’enfant et ses jeux stimulent plus directement ses capacités intellectuelles ou motrices, ou encore son affectivité, tout en résonnant sur son développement psychomoteur dans sa globalité.

Pré requis aux « apprentissages scolaires »

Toutes les expériences psychomotrices faites entre 0 et 3 ans permettent l’intégration de pré-requis nécessaires à une entrée dans une dynamique « d’apprentissage » sur le plan scolaire : accepter la demande de l’autre, l’effort pour obtenir un résultat, la satisfaction différée, la mobilisation de ses capacités attentionnelles, la mémorisation d’un vocabulaire précis etc.

Par expérience psychomotrice, on entend toute expérimentation au niveau de :

La perception corporelle, la sensorialité, la motricité globale, la manipulation d’objets, la dextérité digitale, le positionnement relationnel, l'imitation, l'expression corporelle, les jeux symboliques.

Ces expérimentations concrètes, réalisées par une mise en action de toute la sphère corporelle de l’enfant lui permettent de comprendre les possibilités et les limites de son propre corps, l’intéraction avec autrui, et les caractéristiques du monde qui l’entoure.

Par exemple : sur le plan spatio-temporel, l’enfant par ses déplacements et ses jeux, se confronte aux notions de vitesse, hauteur, profondeur, distance, durée, continuité et aux alternances court/long, près/loin, lent/rapide, arrêt/mouvement.

Tout cela s’inscrit profondément dans la mémoire corporelle et constitue un socle solide pour construire les acquisitions ultérieures.

 

L’entrée dans les apprentissages

Par la suite, tout apprentissage nécessite également une phase d’approche corporelle et s’inscrit d’autant mieux que l’enfant a pu l’expérimenter suffisamment sur les plans de l’agi et de la manipulation avant de passer au stade de la représentation graphique ou verbale.

En classe, l’enfant est invité progressivement à contrôler son activité motrice et à pouvoir « travailler » en étant dans une posture assise, sans mouvements parasites.

Ce contrôle volontaire du mouvement et de son inhibition, nécessite une bonne intégration de sa propre organisation corporelle (schéma corporel, proprioception) et une régulation de son état émotionnel.

Par exemple, certains enfants sont en difficulté car ils ont une conscience corporelle insuffisante et ont besoin de bouger pour percevoir la localisation des parties du corps quand ils sont dans des positions statiques, pour pouvoir contrôler leur posture et leur équilibre.

 

Cas particulier de la graphomotricité

Le geste graphique est à préparer bien en amont de l’apprentissage scolaire de l’écriture pour permettre aux enfants de développer une fluidité gestuelle et une aisance graphique.

Il nécessite d’être travaillé dans une logique proximo-distale, de l’articulation de l’épaule jusqu’au bout des doigts, par des propositions de mobilisation, de souplesse, d’endurance et de dextérité. On cherchera donc d’abord à obtenir des gestes amples et fluides avant de réduire l’amplitude gestuelle jusqu’à la miniaturisation du mouvement.

Le contrôle volontaire du mouvement de chaque articulation peut être sollicité via de multiples activités ludiques et/ou dans les activités routinières du quotidien.

 

Ateliers d'éducation psychomotrice

Auprès d’enfants scolarisés en maternelle, le psychomotricien peut proposer des ateliers d’éducation psychomotrice, avec les objectifs suivants :

  • Développer la perception corporelle et la conscience de soi

Schéma corporel, appuis et équilibre, postures dans l’agi et dans l’immobilité, expression corporelle, représentation corporelle avec supports manipulatoires, perception sensorielle tactile et dextérité, attention auditive et visuelle, attention et concentration.

  • Préparer les apprentissages

Réalisations motrices : trajectoires, manipulation de « quantités », variations de distance, de hauteur, rythme.

Reprise des expérimentations « agies » sur un mode manipulatoire.

Reprise des expérimentations manipulatoires sur un mode représentatif ( histoire, mise en scène de personnages/figurines, expression graphique).

  • Soutenir des apprentissages travaillés au préalable

Par exemple, travailler la fluidité du geste, proposer des parcours en lien avec les tracés pré scripturaux, réalisation de collections, déplacements d’objets et de quantités.

  • Remédier à des difficultés repérées au préalable.

Les troubles psychomoteurs impactent en effet le comportement, la vie scolaire et la possibilité d’intégrer les apprentissages et de suivre le rythme de la classe.

 

 

Le but de l’éducation psychomotrice est de contribuer à l’épanouissement de l’enfant et ne se situe jamais dans une idée de performance.

 

1 DE LIEVRE Bruno et STAES Lucie : La psychomotricité au service de l’enfant, notions et applications pédagogiques, éd. De Boeck et Belin, Bruxelles, 2000, p 10

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Liste des participants qui ont commenté cet article

  • Un article très intéressant. Personnellement, vos conseils m'ont beaucoup aidé car mon bébé va bientôt entrer en maternelle. J'espère que d'autres personnes ont pu également profité de vos conseils. Merci !

    lundi, Sep 18 2017 3:47:18pm
  • chipeque

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    Merci pour cet éclairage . Enseignante en maternelle, je verrai bien ce genre d'atelier chez nous lorsque je vois les difficultés de certains de nos petits loupiots .

    lundi, Fév 27 2017 6:15:56pm
  • Mamandejuju

    Signaler

    Re-Bonsoir,
    Étant IDE et ma fille ayant eu besoin d'être suivie quelques temps par une psychomot', j'ai également tiqué quand la maitresse nous a expliqué en début d'année que les enfants allaient faire des ateliers de psychomotricité avec...elle.
    Je pensais qu'une psychomotricienne interviendrait en fait.
    Je savais que le champs d'action était très important et large mais j'en apprend encore (la graphisme entre autre). Mais du coup, la maitresse a t'elle réellement les compétences pour "déceler" un petit souci? A quel moment peut-on faire un bilan de psychomotricité? Faut-il une ordonnance? En maman inquiète de jumeaux nés un peu en avance, je constate qu'ils ont bien du mal à manier la draisienne et la trotinnette et cela m'interroge. Et évidement je n'ai pas le regard professionnel pour voir si tout est ok au niveau de la psychomotricité fine etc. Qu'en pensez-vous?
    En tout cas votre blog est une mine d'or!:)
    Bonne soirée et bonnes fêtes.

    samedi, Déc 31 2016 12:10:21am
  • Mamandejuju

    Signaler

    Re-Bonsoir,
    Étant IDE et ma fille ayant eu besoin d'être suivie quelques temps par une psychomot', j'ai également tiqué quand la maitresse nous a expliqué en début d'année que les enfants allaient faire des ateliers de psychomotricité avec...elle.
    Je pensais qu'une psychomotricienne interviendrait en fait.
    Je savais que le champs d'action était très important et large mais j'en apprend encore (la graphisme entre autre). Mais du coup, la maitresse a t'elle réellement les compétences pour "déceler" un petit souci? A quel moment peut-on faire un bilan de psychomotricité? Faut-il une ordonnance? En maman inquiète de jumeaux nés un peu en avance, je constate qu'ils ont bien du mal à manier la draisienne et la trotinnette et cela m'interroge. Et évidement je n'ai pas le regard professionnel pour voir si tout est ok au niveau de la psychomotricité fine etc. Qu'en pensez-vous?
    En tout cas votre blog est une mine d'or!:)
    Bonne soirée et bonnes fêtes.

    samedi, Déc 31 2016 12:10:12am

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