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Parler à un enfant .... en s'adressant spécifiquement à lui.

Petite réflexion sur  la communication enfant/adulte ... venue de diverses observations récentes avec Petit Baroudeur, 3 ans 1/2. 

Je me suis rendue compte à plusieurs reprises qu'il semblait "bugger" quand je parlais avec un autre adulte, d'autant plus s'il y a de l'émotion en jeu, ou un enjeu important. "Bugger" au sens  qu'il détournait la tête, semblait perdu  etc. ce qui ne lui ressemble pas. 

J'ai alors réagi en lui disant par exemple : "Tu as entendu ce que nous avons dit. Tu vois, il va se passer ça " bla bla bla" et c'est une bonne nouvelle pour nous. " 

et une autre fois avec une autre portée émotionnelle : " Tu as vu, le portail de l'école est fermé, on va passer par l'autre porte. ça change de d'habitude, on est un peu surpris, ça va durer quelques jours, c'est pour la sécurité des enfants pour le moment."

Après coup, ça m'a fait "tilt" ... 

Je me suis  rappelé de certaines petites choses vues pendant ma formation de psychomot, et vécues en "live" lors de consultations : 

Quand nous parlons avec un ( ou plusieurs) adulte devant notre enfant, que nous parlions de lui ou non,  notre enfant perçoit ce que nous disons, écoute d'une oreille distraite ou attentivement de ses deux oreilles.  Mais bien souvent, si nous n'incluons pas l'enfant dans notre discussion, en le laissant intervenir,  en lui reformulant nos propos ou en le sollicitant, il agit comme s'il n'était pas "autorisé" à entendre ce qui est dit, comme s'il était quasiment "fautif" d'avoir été témoin de cette discussion,  et au final comme s'il y avait "tabou" et/ou "non dit"

Selon la portée de ce que l'enfant a entendu, cela peut ne rien provoquer du tout ... ou au contraire provoquer de gros troubles du comportement, que l'entourage ne comprend pas car cela semble sans motif. 

Par exemple, je me rappelle de certains parents disant devant leur enfant, assis juste à coté d'eux, et très attentif

" En fait, son père n'est pas vraiment son père,  mais ça ne pose aucun problème et de toute manière il ne le sait pas. "

ou 

"Sa naissance prématurée a été un gros choc, et nous avons toujours, encore aujourd'hui, peur de le perdre... du coup, oui, nous ne le laissons prendre aucune initiative, aucun risque au quotidien. "

ou  un parent qui aborde sa propre histoire, son vécu d'enfant. 

Il ne s'agit pas de juger ce qui est dit, mais de le relier à l'histoire et au comportement de l'enfant, et de voir avec les parents si la communication avec leur enfant est possible sur ce point là, ou si elle est inexistante, soit parce que c'est trop difficile, soit parce qu'ils n'avaient jamais pensé à lui en parler, soit parce qu'ils pensent que l'enfant est trop petit pour comprendre, soit ..... mille et une raisons. 

 

Parfois, au quotidien,  il s'agit de choses nous paraissant anodines ... mais qui peuvent être difficiles à assimiler pour un enfant, et il va alors les intégrer comme des choses qu'il ne doit pas partager, dire, puisqu'il n'aurait pas dû les entendre.  Alors que nous, adultes, nous pensons que si, notre enfant est au courant et qu'il n'y a pas de soucis, puisqu'il était là quand nous avons parlé avec Untel. 


Après l'avoir vécu avec Petit Baroudeur, je me dis que ce serait bête de créer du "non dit"  pour des broutilles ...d'où l'importance de lui reformuler les choses en m'adressant spécifiquement à lui, ou de lui demander ce qu'il a compris de notre échange. 

 

Et contrairement à ce que l'on croit souvent, c'est important de parler aux enfants dès touts petits, dès la naissance ... car oui en terme de linguistique, ils ne comprennent pas la définition de chaque mot employé, mais ils comprennent très bien l'intention de l'adulte, la portée émotionnelle de ce qui est dit, et le sens global du discours ... 

Je pense que plusieurs parents pourront en témoigner, personnellement j'ai une belle anecdote avec Petit Baroudeur et je me rappelle de vidéos de thérapie pour  "bébé qui ne dormait pas, ne mangeait pas etc." où le thérapeute reformulait les propos des parents au bébé, ou invitait les parents à le faire eux-mêmes... le bébé avait alors un regard extrêmement attentif, s'arrêtait net de pleurer, et  changeait de comportement. Absolument impressionnant ! 

Pour la petite histoire, avec Petit Baroudeur, à 3 mois il devait passer un contrôle auditif à l'hôpital. Je devais l'emmener très tôt le matin, et à jeun. Une fois là bas, on m'a dit qu'il fallait que je le "nourrisse" et qu'il  s'endorme dans un berceau pour que le test soit réalisé. Et là, gros problème, Petit Baroudeur était à l'époque un bébé compliqué, style "bébé aux besoins intenses" et ne pouvait s'endormir que dans les bras avec bercements, chanson, et marche pendant une  vingtaine de minutes ... le poser ensuite était toujours un peu risqué ... je craignais donc le pire. Je lui ai expliqué  qu'il fallait qu'il dorme pour le test, que c'était important et qu'il ne sentirait rien du  tout, qu'on lui tournerait juste la tête de chaque coté. Et là, à ma grande surprise, il s'est endormi immédiatement dans le berceau et en 5 minutes, tout était terminé. 

 

Donc voila, n'oublions pas de parler à nos enfants  de manière directe et personnelle. 

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Liste des participants qui ont commenté cet article

  • C'est tellement vrai !
    Le nombre de fois où je suis choquée des propos de parents qui croient que leur enfant ne comprend pas ce qu'ils disent (comme dans ton exemple du père qui n'est pas le vrai père). C'est aussi une histoire de respect à mon sens.

    lundi, Jan 12 2015 10:35:15am
  • Excellent ton article
    il est vrai que l'on ne se rend pas assez compte des discussions que nous avons parfois avec les parents en leur présence. J'avoue que souvent, après un échange avec un parent, je termine en m'adressant à l'enfant, (un peu comme pour lui résumer la discussion) parce que je me rend compte que je parle de lui en sa présence sans m'adresser à sa personne
    bonne fin de week-end
    joelle

    samedi, Jan 10 2015 11:15:58pm à Dunkirk, France

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